samedi, décembre 30, 2006
Histoire de la clarté ou lieux clairs
d'une fête infétide
des masques de carnaval
dialoguent entre bribes et éclats de voix
parmi les verres et les fantômes
d'une fête échoués
nous avons écroués
en nous nos yeux et nos arômes
nous fûmes secoués par une seule pulsation
tirant sur la même cigarette
répandant d'une main distraite
les cendres de notre conversation
un soir ni rude ni tendre
une fraîcheur automnale
bruine et noirceur de la ville sans
limite d'une banlieue confondue
appartement lumineux tiède et vivant
chacun arpente ses légendes propres
être là parmi d'autres devenant juste là
les rythmes et la bouillie des voix comme décor
apparat vision sans rencontre
et la promesse d'y revenir
parmi les verres et les fantômes
le choc et l'évitement des matières
apparemment séduits par les façades
d'appartement - lieux clairs d'une origine
le nom égaré sur une parole désincarnée
un souvenir à venir
et des tableaux sur les murs
des pages dans un livre
des masques obscurs
des pantins désarticulés
une danse ancestrale
autour
où sommes-nous
je suis (là) présent hors d'un rêve
qui se déroule à part
mercredi, décembre 20, 2006
vendredi, décembre 08, 2006
temps I
c'étaient des flèches qui fusaient comme des citations
cette nuit
des mirages obscurs et des géants aux sombres desseins
cette nuit
le corps l'esprit et la respiration des choses
cette nuit
l'esprit se savait dans le corps
cette nuit
la nuit la nuit la nuit
cette nuit
la lampe de poche et les lettres qui dansent
cette nuit
je n'ai pas pris le train
cette nuit
il pleuvait tu t'en souviens
cette nuit
je n'avais pas écrit depuis longtemps
cette nuit
c'était quel jour déjà
cette nuit
je faisais quoi déjà
cette nuit
se souvient de qui déjà
cette nuit
me promenait et toi et eux dans sa marche irrévocable
cette nuit
le loup
cette nuit
la bergerie
cette nuit
la nuit
cette nuit
le matin puis le jour
mardi, septembre 26, 2006
mardi, septembre 19, 2006
Lieux clairs : étude préparatoire I
il est question de personnes flottant comme des spectres hors de la focale
il est question (allez savoir pourquoi) d'un fleuve, d'une barque
il est question de métaphores, quoi
il est question de rêve éveillé
il est question d'une cigarette partagée
il est question de passé simple (nous fûmes)
il est question d'une rencontre enfin bref
il est question d'amour mais de sexe
il est question de sexe mais d'amour
il est question de poésie
il est question de musique
il est question de la vie mais de...
il est question de savoir ce qu'on veut écrire
il est question des poèmes et des chansons qu'on a déjà bien aimés
mardi, septembre 12, 2006
Petit poème politique
monts
vaux
cours
monts vaux cours
terre
hommes (fronts) terre
toits
toits terre toits terre toits eau toits monts terre
hommes, toi et moi
toits terre
toi toit moi toit terre moi terre toi
territoires
toi moi mon front ton front
deux fronts une terre affront
frontière deux terres ?
deux fronts deux terres
deux terres
moi, guère toi, une terre, un front
toi moi affront guerre front moi guère toi une terre
eux.
affronts guerres fronts guère lui guère toi
moi là eux ici ou là des territoires des frontières
des terres
des hommes (des fronts) des noms
noms d'hommes noms de terres
frontières entre les terres nommées
noms des frontières
je peux entrer ?
non.
moi là toi ici moi pas ici toi pas là affront guerre front
ni toi ni moi ici ou là
toi moi eux
sous terre
mercredi, septembre 06, 2006
Nau
John-Antoine fûtes-vous un poète symboliste
dans un début de siècle ou une fin d'époque belle égaré
ex-élu par des frères eux-mêmes perdus
qui nous préparèrent en quelque sorte à votre lecture
bribes de textes décousues passant le siècle
des ans écartés comme les rives du delta
d'un fleuve où votre barque précéda celle des autres
le nom figuré en tête d'une liste insatiable s'écoulant
vers l'océan sépulcral d'une mémoire latente
chapelet de paroles prononcées puis passées
sans que personne n'honore plus l'attente
sans que personne même n'attende plus
écrit passé usé de trop peu d'yeux passés
jusqu'à ce soir de novembre où quelque chose passa
dans un vieux bar de l'est bleu de fumée
un groupe balançait sa musique tardive
et le verbe volant ô fait étrange
s'imprima dans le chant rauque d'un poète lunaire
scandant des syllabes dansantes murmure entre les mots
claquant de la langue entre chaque consonne
donnant d'une cendre un encens dans une ferveur discrète
évoquant à son tour l'iris des prairies
samedi, août 26, 2006
de la nouveauthématique
le nouveau vous vaut-il ?
le nouveau (,) nous vaut un nouveau nous
le nouveau nous (,) vaut un nouveau nous
un nouveau nous vaut-il pour vous un nouveau vous ?
vos nous sont nos vous
nos nous sont vos vous, rien de nouveau
vos nous ne sont pas nos nounous, au fou !
nos nous ne sont pas des veaux (au trot)
le nouveau nous vaut tout court (au trou !)
et qu'en est-il de la nouvelle elle ?
samedi, juin 24, 2006
le pourceau et la facilité
qui sont-elles ?
samedi, mars 11, 2006
équivaloir
le poème l'hapax
la pensée l'acte immobile
l'équivalence le passage à niveau
la création le pot à eau
le commentaire l'arbitraire du geste artiste
mercredi, mars 08, 2006
péremption d'innocence
ni parole ni pensée
ni message
ne dit plus rien
où l'écrit
parole
ou l'écrit
pensée
donne une forme et un sens à ce magma
où l'écrit ne cesse
de mentir sur lui-même
ou établit une certaine vérité
où l'écrit crie
ou l'écrit murmure
parole transcrite
épitaphe de la voix
sur un mur
où l'écrit vit
dans les yeux qui le toisent
où écrivit la pensée du lecteur
mardi, mars 07, 2006
perceptions et projection ; imperceptions
[]
sa vie son oeuvre
...
j'ai lu tout []
...
[] [] []
...
je connais bien []
...
oh la dame au parapluie
est dépassée
par un coureur
samedi, mars 04, 2006
mercredi, février 08, 2006
Berlin-Paris le 29 mai 2005
29 mai 7h30 Cothenius Strasse
les artères palpitant à la caféine
trois types chargent une volkswagen Polo
trois citoyens d'Europe voulant rentrer voter
1050 bornes pour gagner les urnes
et seulement trois minutes pour claquer le coffre
prends Tempelhofer Damm pour gagner l'A100
suis Potsdam Magdeburg Hannover Paris
la lumière du matin nous aveugle
l'auto-radio hurle avec nous
tout l'habitacle vibre et ralentit
pied au plancher en pleine côte
roule roule lancé sur l'autoroute
au milieu des bolides jusqu'au début du soir
roule roule nos trois voix dans la soute
les urnes sont des sabliers où s'écoule l'espoir
On passe près d'Hannover il est dix heure et demie
on roule encore tranquille sans nous douter de rien
la jauge tombe discrète au milieu du tintouin
la tire hoquète un air connu de Benzin Blues
range-toi sur la bande sors par la portière de droite
on laisse la tire et on coupe à travers champ
cherchant une station sous un soleil de plomb
puis portant un bidon du mauvais côté d'l'autoroute
la lumière du matin nous aveugle
un embouteillage se forme
les passagers se moquent de nous
en nous montrant la direction
cours cours au bord de l'autoroute
à côté des voitures jusqu'à bientôt 15h
cours cours nos trois voix dans la soute
les urnes sont des sabliers où s'écoule l'espoir
soulagés dans la tire on file prendre de l'essence
à 15h dans une station qui ferme juste à 15h
le type ressort ses clefs avec un air mauvais
nous voilà reparti vers Bielefeld / Hamm / Hagen
Il pleut à Charleroi il pleut à Valenciennes
ça s'embouteille à fond sur l'A86
On entend Marie-George pintée à la radio
Les bureaux sont fermés il est pas loin de 22h
roule roule lancé sur l'autoroute
au milieu des bolides jusqu'au début du soir
roule roule nos trois voix dans la soute
les urnes sont des sabliers où s'écoule l'espoir
samedi, janvier 28, 2006
première main
premier mot brut exposé
entre le blanc de la page
et le blanc de la page
mot non chose heure pas une chose
ni la chose :
heure
ceci n'est pas une heure
ceci n'est pas un mot
ceci est l'écriture
représentant le mot
représentant la chose
l'heure, le temps
heure qu'il est
ou heure à prendre pour faire quelque chose
ou heure arrivée déjà ou enfin où
un poème en soi
heure
son qui évoque
sens qui évoque
un regard à porter où
dans quelle direction
heure
des aiguilles sur des cadrans se dispersent
il est temps il n'est plus il sera
l'
heure
mardi, janvier 24, 2006
l'art indéfini écrit
J'ai vaguement voulu
commencer à penser
à cet espace écrit
que l'on nomme poème
ceci est un poème
une suite de mots
allant vite à la ligne
avec ou bien sans point,
virgul', ponctuation
avec ou bien sans rime
parfois sans narration
bref un profond abîme
son mètre est régulier, irrégulier parfois,
souvent absent
bref c'est un espace sur la page
où des suites de mots appartenant généralement à une (seule) langue
ayant généralement un seul sens de lecture
où des suites de mots disais-je se succèdent
de mots disais-je
parfois séparés par des blancs
dans cet espace
on trouve parfois un refrain que l'on appelle anaphore
je dirais même que la répétition y est absolument importante et d'ailleurs
dans cet espace
on trouve parfois un refrain que l'on appelle anaphore
c'est un espace où l'on parle
où l'on peut parler de tout
peu ou beaucoup
mais pas pour ne rien dire
et pourquoi pas au fait
autrefois très codé le poème
a souvent gardé un langage non trivial
une langue à côté
du côté du secret
comme pour conserver la marque d'une parole
et d'une tradition
aujourd'hui on peut pourtant être très clair
et demeurer poète
on peut être très libre
et respecter la poésie
et si l'on aime dans le poème
les jeux de sons et les jeux de mots
c'est que toutes les dimensions de la langue
servent à signifier quelque chose
ceci est un poème une suite de mots
un espace en forme de quelque chose
une musique un rythme
des sons qui accrochent d'autres qui se coulent
un chant intérieur réécrit à chaque lecture
mots posés mots jetés sur la page espace et temps
forme et univers
vague reflet d'une pensée fer buriné d'une langue
le poème répond avant qu'il ne demande
le poème est
le poète passe
art illusionniste sans
illusion
art de dire
sans savoir
mercredi, janvier 18, 2006
le coeur à l'ouvrage
et hop
le geste qui s'annule lui-même
la relance retombe
petits ronds dans l'air
mardi, janvier 10, 2006
Arial anaphore
la ville vire en paysage
de rives de fleuves et de rivières
l'homme amer se jette dans la terre
l'homme amer se jette dans la terre
vis-à-vis de vents et de visages
de rives de fleuves et de rivières
la ville vire en paysage
la ville vire en paysage
l'homme amer se jette dans la terre
de rives de fleuves et de rivières
vis-à-vis de vents et de visages
vis-à-vis de vents et de visages
la ville vire en paysage
de rives de fleuves et de rivières
l'homme amer se jette dans la terre