mercredi, février 08, 2006

Berlin-Paris le 29 mai 2005

29 mai 7h30 Cothenius Strasse
les artères palpitant à la caféine
trois types chargent une volkswagen Polo
trois citoyens d'Europe voulant rentrer voter

1050 bornes pour gagner les urnes
et seulement trois minutes pour claquer le coffre
prends Tempelhofer Damm pour gagner l'A100
suis Potsdam Magdeburg Hannover Paris

la lumière du matin nous aveugle
l'auto-radio hurle avec nous
tout l'habitacle vibre et ralentit
pied au plancher en pleine côte
roule roule lancé sur l'autoroute
au milieu des bolides jusqu'au début du soir
roule roule nos trois voix dans la soute
les urnes sont des sabliers où s'écoule l'espoir

On passe près d'Hannover il est dix heure et demie
on roule encore tranquille sans nous douter de rien
la jauge tombe discrète au milieu du tintouin
la tire hoquète un air connu de Benzin Blues

range-toi sur la bande sors par la portière de droite
on laisse la tire et on coupe à travers champ
cherchant une station sous un soleil de plomb
puis portant un bidon du mauvais côté d'l'autoroute

la lumière du matin nous aveugle
un embouteillage se forme
les passagers se moquent de nous
en nous montrant la direction
cours cours au bord de l'autoroute
à côté des voitures jusqu'à bientôt 15h
cours cours nos trois voix dans la soute
les urnes sont des sabliers où s'écoule l'espoir

soulagés dans la tire on file prendre de l'essence
à 15h dans une station qui ferme juste à 15h
le type ressort ses clefs avec un air mauvais
nous voilà reparti vers Bielefeld / Hamm / Hagen

Il pleut à Charleroi il pleut à Valenciennes
ça s'embouteille à fond sur l'A86
On entend Marie-George pintée à la radio
Les bureaux sont fermés il est pas loin de 22h

roule roule lancé sur l'autoroute
au milieu des bolides jusqu'au début du soir
roule roule nos trois voix dans la soute
les urnes sont des sabliers où s'écoule l'espoir