mardi, septembre 26, 2006

Lieux clairs : étude préparatoire II

la table est desservie
la nappe secouée
on sent déjà un fumet

mardi, septembre 19, 2006

Lieux clairs : étude préparatoire I

il est question d'une soirée
il est question d'une fille
il est question de personnes flottant comme des spectres hors de la focale
il est question (allez savoir pourquoi) d'un fleuve, d'une barque
il est question de métaphores, quoi
il est question de rêve éveillé
il est question d'une cigarette partagée
il est question de passé simple (nous fûmes)
il est question d'une rencontre enfin bref
il est question d'amour mais de sexe
il est question de sexe mais d'amour
il est question de poésie
il est question de musique
il est question de la vie mais de...
il est question de savoir ce qu'on veut écrire
il est question des poèmes et des chansons qu'on a déjà bien aimés

mardi, septembre 12, 2006

Petit poème politique

terre
monts
vaux
cours

monts vaux cours
terre

hommes (fronts) terre
toits

toits terre toits terre toits eau toits monts terre
hommes, toi et moi
toits terre
toi toit moi toit terre moi terre toi
territoires
toi moi mon front ton front
deux fronts une terre affront
frontière deux terres ?
deux fronts deux terres
deux terres
moi, guère toi, une terre, un front
toi moi affront guerre front moi guère toi une terre

eux.

affronts guerres fronts guère lui guère toi
moi là eux ici ou là des territoires des frontières
des terres
des hommes (des fronts) des noms
noms d'hommes noms de terres
frontières entre les terres nommées
noms des frontières
je peux entrer ?
non.
moi là toi ici moi pas ici toi pas là affront guerre front
ni toi ni moi ici ou là
toi moi eux
sous terre



mercredi, septembre 06, 2006

Nau

John-Antoine fûtes-vous un poète symboliste
dans un début de siècle ou une fin d'époque belle égaré
ex-élu par des frères eux-mêmes perdus
qui nous préparèrent en quelque sorte à votre lecture
bribes de textes décousues passant le siècle
des ans écartés comme les rives du delta
d'un fleuve où votre barque précéda celle des autres
le nom figuré en tête d'une liste insatiable s'écoulant
vers l'océan sépulcral d'une mémoire latente
chapelet de paroles prononcées puis passées
sans que personne n'honore plus l'attente
sans que personne même n'attende plus
écrit passé usé de trop peu d'yeux passés
jusqu'à ce soir de novembre où quelque chose passa
dans un vieux bar de l'est bleu de fumée
un groupe balançait sa musique tardive
et le verbe volant ô fait étrange
s'imprima dans le chant rauque d'un poète lunaire
scandant des syllabes dansantes murmure entre les mots
claquant de la langue entre chaque consonne
donnant d'une cendre un encens dans une ferveur discrète
évoquant à son tour l'iris des prairies