mercredi, décembre 21, 2005

Arial balade

parmi les amas des jours d'avant et les objets divers épars
un espace sur la table attire le regard
petit papier quadrillé pas encore annoté
carré blanc qui fait écran image de
la consience à l'instant statique
l'apnée devient satanique
quand la mémoire lente au repos
s'octroie l'attrait du vide

plume d'acier petite pointe de feutre frottant
bille de métal roulante cliquetis de clavier
marche de l'écriture bruissement de papilles
je respire comme je marche
le pas au rythme de la ville calme
hémorragie de sens blessure quotidienne
origine masquée dans un souffle primitif
les pieds endoloris mais soulagés par
une noisette de crème
circulation des mots globules noirs et blancs
propulsés par le battement irrégulier d'une tempe
sur un visage crispé surmontant un corps essoufflé
tirant à ses épaules toutes les courbatures
l'essence lactique fermentée à l'intérieur des doigts
accrochés suspendus rieurs et frénétiques

une simple parole formulée à l'intérieur de soi
mesure sa démesure fulmine d'épouvante
contre la brique noircie
les piles de béton les trottoirs les pilônes
et les fils électriques
la matière éclectique défile
comme le papier sous la menace d'une plume
le goudron la pierre le linoléum
la moquette le plancher
la terre compacte des chemins étroits
les déjections les graviers
quelques brins d'herbe verte
et des feuilles brunes jaunes écarlates éclatantes
éclaboussées par un pas claudiquant
claquant dans une flaque

puis la marche s'estompe dans les pensées vagabondes
qui effleurent de leurs yeux l'espace familier
et son agitation de fourmilière
la scansion des panneaux criant

des slogans litaniques rythme le regard abasourdi
par des poses de femmes fun et alanguies
à la cool attitude
un avion passe à basse altitude
le feu des piétons passe au vert

puis l'homme qui marche rassemble ses membres
écartelés par le langage
laisse reposer sa main dans une ultime hésitation
et se demande qui de l'espace ou de l'homme
préside à cette scène si esthétique et délectable

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